Etant un fan de manga, mon fantasme était de jouer à un cross-over réunissant tous mes héros préférés. Mais la crainte d’un jeu à licence moyen comme il en existe tant d’autres me hantait. C’est avec cette peur que j’appris le développement de Jump Super Stars. Le célèbre magazine Jump avait confié les droits de tous ses mangas à Ganbarion, responsable des décevants Shonen Jump’s One Piece Grand Battle. Sachant ça, j’avais de quoi m’inquiéter. Mais comment peut-on résister devant l’annonce de Dragon Ball Z, Dr. Slump, Shaman King, Hikaru no Go, Black Cat, Yu-Gi-Oh!, Rurouni Kenshin, Busou Renkin, Yu Yu Hakusho, Slam Dunk!, Jojo's Bizarre Adventure, Steel Ball Run, Naruto, Eyeshield 21, One Piece, Bobobo-bo Bo-bobo, Death Note, Ichigo 100%, Mr. Fullswing, KochiKame, Prince of Tennis, Gintama, D.Gray-man, Katekyo Hitman Reborn!, Hunter X Hunter et Pyuu To Fuku! Jaguar dans un même jeu ? Comment ne pas être pas alléché ? Malgré mes apprioris, je rajoutais Jump Super Stars à mon panier et j’attendais tout excité de le recevoir. Pour le meilleur et surtout pour le fun…
Le grand jour arrive, le bedonnant facteur me donne le colis tant attendu. Sans perdre une seule seconde, je l’ouvre et insère Jump Super Stars dans ma console. L’intro démarre sur l’écran supérieur, elle nous rappelle tout les mangas réunis dans le soft et nous en met plein les yeux. Pendant qu’elle tourne, je peux soit la regarder, soit la passer, soit faire un petit dessin sur l’écran tactile. Une fois terminée, le menu principal apparaît.
J’ai le choix entre six modes : J-adventure, multi-player, battle, deck maker, options et koma gallery. Voulant faire une partie rapide pour commencer, je me lance dans le mode battle. Tout d’abord, le jeu me propose de choisir un deck. C’est un quadrillage de quatre cases sur cinq dans lequel sont placés les personnages. Ces derniers sont représentés sur des koma (vignettes en japonais) de différentes tailles. N’ayant pas beaucoup de choix, je prends le premier deck où se trouvent Luffy (One Piece) et Naruto (Naruto). Maintenant, on me demande dans quel arène je veux combattre. Il y a un stage pour chaque manga et quelques autres exclusifs au jeu. Sans réfléchir je clique sur le premier, celui d'Eyeshield 21. Je dois alors définir : les règles (Score, Survival ou Training), la durée du match (30, 60 ou 90 secondes), s'il y a des objets et des équipes. Vite fait, je désigne le deck ennemi et lance la partie.
Tandis que l’écran tactile affiche votre deck, l’écran supérieur montre l’arène. Cette dernière a la forme d’une page de manga et est décorée par un magnifique fond dessiné en rapport avec une des séries. Par chance, je trouve rapidement le double saut, et évite à mon Naruto une mort certaine. Tâtant alors les touches au hasard, je découvre la protection et trois types d’attaques : la faible, la puissante et la spéciale. Pour réguler l’utilisation de cette dernière, une barre de magie est présente. Il faut la remplir avec des pièces qui sont collectables soit quand un adversaire est tué, soit quand je détruis un tonneau. L’arène en est parsemée. D’ailleurs, ils ne renferment pas que des pièces, ils cachent aussi de nombreux bonus comme les étoiles qui rendent immortel et les chaussures qui décuplent la vitesse. Malheureusement, on peut aussi tomber sur le poids qui nous ralentit ou le poison qui nous affaiblit. Quand Naruto perd des vies, ses couleurs se délavent jusqu’à devenir blanc à sa mort.
Après m’être fait tué deux ou trois fois, je constate que le jeu fonctionne par points. Lorsqu’un des mes avatars meurt, un autre le remplace. Mon meurtrier gagne alors un point tandis que de mon côté, j’en perd un… Celui qui a le plus de point à la fin du temps imparti gagne. Inutile de vous dire que j’ai perdu...
Il m’aura fallu dans les trente minutes pour me rendre compte que les murs sont totalement destructibles et qu’il est possible de faire des ring-out en envoyant les ennemis derrières.
Malheureusement, je ne maîtrise pas suffisamment le gameplay pour réussir cette technique. Je mets pause et réfléchis. Après mûre réflexion, je décide de lire le manuel. J’attrape donc la boîte mais la fais tomber par inadvertance. En la ramassant, je remarque une illustration. Elle montre un doigt qui appuie sur le deck. Cette découverte me sidère. Je saute sur ma console, enlève la pause et paf je fais comme sur l’image. Je clique sur Luffy. Soudain, Naruto qui était le personnage que je contrôlais, disparaît pour laisser place au héros de One Piece. Abasourdi, je touche les autres koma. Après quelques tests très fructueux, j’en tire cette conclusion : les vignettes d’une case sont des bonus pour le joueur. Celles prenant deux à trois cases, sont des supports : le personnage représenté apparaît, fait une technique et disparaît. A partir de quatre cases, les personnages dessinés sont jouables. Sachant ça, je quitte le combat pour aller dans le mode « Deck Maker ». Je donne rapidement un nom à ma future création et commence à choisir les koma. Ils sont répartis par séries dans une liste. Bien évidemment, il n’y en a pas beaucoup de disponibles dès le début. Il faut les débloquer. Je me lance alors dans la « J-Adventure », c’est à dire le mode histoire.
Une cinématique commence. Des pages de mangas imagés et rédigés défilent en me racontant l’histoire. Sans surprise, la trame est bidon : le grand méchant Mashirito (Docteur Slump) devient maître du Jump Word et sème la terreur. Du coup, une ribambelle de gentils héros apparaissent et décident de l’empêcher de régner.
Après la vidéo, un entraînement débute. Imaginez ma colère, je viens de passer une heure à décrypter le gameplay alors qu’un entraînement me l’apprenait… Evidemment, je le réussis sans problème. C’est alors que la « J-Adventure » commence vraiment. Une carte apparaît. L’exercice que je viens de faire m’ouvre un chemin vers ma première mission. Dans celle-ci, il suffit que je tue mon ennemi. Rien de très compliqué. Celle d’après a le même objectif. Je suis tenté de me dire que le mode va être facile et répétitif. C’était sans compter sur la troisième mission. Celle-ci compte plusieurs objectifs : « Faire le niveau », « Mettre au moins 3 fois mon adversaire KO » et « Ne pas se prendre de KO ». Heureusement, je ne suis pas obligé de remplir tout ça dès le premier essai. C’est seulement après deux ou trois combats que j’ai enfin rempli toutes les conditions. Je commence la mission suivante espérant être à nouveau étonné par les objectifs. Pas de chance, c’est un entraînement. Mais à ma grande surprise, j’apprends quelque chose de plutôt sympa : on me donne le deck où Naruto et Luffy sont jouables. Pendant que j’utilise Naruto pour combattre, je dois appuyer avec le doigt sur son koma. Le jeune ninja donne alors un coup de kunai. Déjà surpris, je suis chamboulé lorsque l’on m’apprend l’existence du « Dream Combo ». Il faut d’abord que je clique sur Naruto, puis sur Luffy pour qu’il envoie une rafale de coups et une nouvelle fois sur le ninja pour qu’il réalise son rasengan… C’est impressionnant à voir de par le fait que le frame-rate ne souffre pas du tout. Je me remets de mon petit choc et continue la « J-Adventure ». Maintenant, à chaque objectif réussi, je débloque un koma. Les missions sont toujours plus ardues mais aucune ne donne le sentiment d’être insurmontable. Après quelques heures, je décide de faire une pause pour faire le bilan de mon trésor de guerre...
Sans attendre, je vais dans le « Deck Maker ». Je reprends ma création inachevée et visionne mes nouveaux koma. Etrangement, ceux que j’ai débloqué ne dépassent jamais une case. Je parcours la liste et tout à la fin, je remarque des vignettes non classées. Je clique sur l’une d’elle pour voir. : c’est ce que l’on nomme « un koma incomplet ». C’est un koma en noir et blanc avec une réplique où il faut deviner le personnage représenté. C’est un exercice long puisque ne parlant pas japonais, je ne comprends pas la phrase et c’est impossible de reconnaître qui est dessiné. Je suis alors obligé de tester toutes les têtes pour trouver la bonne. Voilà donc mon activité des trois prochaines heures. Une fois tous les komas complétés, je me lance dans la création de mon deck. J’y mets plusieurs personnages jouables et un support. Je valide mais un panneau apparaît et m’apprend qu’il faut dans le deck au minimum un koma d’aide, un de support et un jouable. Je change alors ma disposition pour trouver la bonne. Une fois l’interface maîtrisée, c’est très amusant de confronter deux séries ou de placer les vignettes pour que les personnages se regardent, se parlent… Par moment, on arrive même à créer une situation qui tient debout.
Devant un telle merveille, il est impossible de ne pas sauter sur le téléphone pour appeler ses amis. C’est de cette manière que débarquèrent chez moi trois amis accompagnés de leurs DS. Par chance, on peut jouer jusqu’à quatre. Après avoir expliqué en détail le gameplay, je lance la partie. A partir de là, je n’ai qu’un seul mot pour désigner le jeu : partouzo-funissimo-fluidissimo. Ce mode est dix fois plus intense que le solo ! Malheureusement, peu de decks sont disponibles (une seule cartouche oblige). Après une dizaine de parties, tout le monde arrête de faire des vannes pourries et se concentre. Pour éviter le silence total je monte le volume de ma DS. Il y a une musique pour chaque stage. Elles sont réussies contrairement à celles de la plupart des jeux de combats à licence… Le petit regret est l’absence de voix digitalisées mais cela s’explique par le fait que Jump dispose uniquement des mangas, pas des animés, donc pas de sons…
19h sonne, ça fait exactement 360 minutes que je joue en multi-joueurs. Il est temps d’arrêter. Je dis à mes potes de partir et une fois seul, je reprends la « J-Adventure » avec l’intention de la finir dans la soirée. Malheureusement pour mon planning, ce mode dure dans les 25 heures. Au terme de cette durée, je me rends compte d’une chose. Pendant 25 heures j’ai été captivé. J’ai débloqué les 657 komas et mes deck sont devenus invincibles… J’ai passé beaucoup de temps à tester différentes combinaisons, pourtant je ne me suis jamais dit : « Bon, ça me gave, je passe à autre chose ». D’ailleurs en testant une combinaison, j’ai trouvé une technique qui mériterait à elle toute seule l’achat du jeu…
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Les + :
-Sangoku, Luffy, Naruto et pleins d’autres dans un même jeu.
-20 personnages jouables
-Sprites très détaillés
-Durée de vie impressionnante
-Fun en solo, giga fun à plusieurs
-Gameplay assez profond
Les - :
-La barrière de la langue