Les RPG sont légions sur DS. Aussi, se démarquer du lot nécessite de plus en plus d’efforts. Suikoden Tierkreis part avec de bons atouts à priori, tant la licence a fait des heureux sur Playstation et Playstation 2. Cet opus est le premier à faire faux bond aux consoles Sony et constitue un spin-off, dans la mesure où la trame principale ne suit pas du tout les épisodes précédents.
Petit cours d’histoire du jeu vidéo : La leçon Suikoden
Point commun des Suikoden, à chaque opus le jeu permet de jouer cent huit héros appelés étoiles. Autour du héros principal, il faut arpenter le monde pour y trouver les autres et les recruter. Cette multitude de personnages permet des rebondissements dans le scénario et des entrelacements entre les protagonistes. Les épisodes sur consoles Sony ont toujours eu des scénarios matures, mais Suikoden Tierkreis s’écarte un peu de cette tradition. Non pas que ce dernier soit totalement immature, mais il est toutefois plus léger. Ce qui ne l’empêche pas d’être complexe.
Une autre caractéristique de la saga est l’importance des quêtes annexes. Ces dernières permettent comme à l’habitude de récupérer argent, armes et armures, mais également d’en apprendre plus sur les cent huit étoiles et leurs passés. Véritable galerie de personnages, on prend chaque fois un certain plaisir à découvrir les secrets des protagonistes et leurs relations avec les autres.
Allez hop, on y va, en route pour l’aventure
Comme c’est souvent le cas, l’aventure débute dans un village, où le héros se réveille de bon matin sans trop savoir ce qui est en train de se passer. Le village, c’est Citro. Pas trop pressé, le héros central se réveille pour aller chasser des Laggarts. Ce sont de petites bestioles généralement pas trop méchantes, mais qui, ces derniers temps, deviennent de plus en plus agressives. Très rapidement, le joueur arrivera dans des ruines dans lesquelles il trouvera un livre bien particulier. Composé de pages blanches uniquement, il permet à ceux qui sont désignés comme l’une des cent huit étoiles d’avoir des visions d’une guerre dans un autre monde contre le Roi unique. De plus, il permet également à ceux l’ayant touché, de se remémorer des lieux disparus, alors que personne d’autre ne semble se rappeler des événements passés.
Ainsi commence l’aventure. Une fois le premier livre trouvé et les premiers héros recrutés dans le village même, ceux-ci sillonneront le monde afin de trouver d’autres livres et d’autres étoiles, afin de comprendre ce qui les attend et découvrir l'identité de ce Roi unique. Très vite, l’aventure prendra une tournure politique et religieuse, car si ce retour du roi annonce un mauvais présage, d’autres personnes souhaitent au contraire son arrivée. Ils sont regroupés dans l’ordre de la voix unique, sorte de secte fanatique pensant que le destin est prédéterminé et qu’il n’y a par conséquent aucune décision à prendre.
Une infinité de possibilités
Le fil directeur de Suikoden Tierkreis est l’infinité. Tout au long de l’aventure, notre héros rencontrera des personnages de mondes parallèles, qui se battent contre le même fléau, à savoir un roi qui veut réunir tous les mondes sous sa bannière. Aussi les différents héros ne seront pas forcément humains. Au cours de l’aventure, on pourra rencontrer des hommes-poissons, hommes-loups, des géants, etc. Si tous ne partagent pas le même passé, tous ont leurs futurs en suspens à cause de ce maudit roi. Fait intéressant, certains ennemis sont, sans le savoir, des étoiles et pourront, une fois le livre touché, rejoindre la compagnie formée.
Néanmoins, cent huit héros, ça fait beaucoup et le traitement est inégal selon l’importance de leurs participations dans l’aventure. Le héros principal est une vraie pipelette. Peut-être devrait-il prendre sa respiration quand il parle tant son débit est rapide. Pour couronner le tout, sa voix américaine n’est pas des plus agréables. Mais passons, car, après tout, mieux vaut être enjoué quand il s’agit de sauver le monde. Certains héros sont plus attachants, avec un passé plus complexe et un charisme plus poussé, comme Chorechild par exemple. On se plait à voir évoluer sa relation avec sa sœur, une autre étoile répondant au nom de Fredegund. Ou bien encore voir le valeureux Asad, qui n’arrivera visiblement jamais à lui avouer sa flamme. D’autres, en revanche, ont autant de charisme qu’un hérisson écrasé.
RPG seconde génération ?
La réalisation de ce Suikoden Tierkreis est vraiment ce qui se fait de mieux. Très vite, les séquences animées font leurs apparitions avec des voix et pas seulement du texte. Bien évidemment ce n’est pas la première fois que l’on voit cela dans un RPG sur DS, mais la multiplicité de ces phases surprend agréablement et donne un certain tonus à l’histoire. D’un point de vue général, les graphismes sont de très bonne facture, les alternances 2D/3D passent très bien et les effets de lumières très bien réalisés. Les musiques sont également au-dessus du lot.
Le Wi-Fi est mis à contribution, c’était même un des arguments de Konami. Sur ce point, on peut néanmoins être déçu. Pour rappel, il s’agit d’envoyer les héros non utilisés chez d’autres joueurs afin que ceux-ci mènent des quêtes pour gagner niveaux, items et argent. De la même manière, on peut accueillir les héros des autres. Le gros hic est que cette fonction n’est pas disponible dès le début de la partie. Plutôt rageant.
Au niveau de la durée de vie, la trame principale se termine en moins de trente heures. La progression est rapide puisque les longues séances de level-up ne sont ici pas nécessaires. Certaines évolutions peuvent même être rapides. Prenez par exemple trois héros au niveau trente et un autre au niveau quinze, ce dernier rattrapera son retard en une dizaine de combats.
Les batailles ne sont par ailleurs pas très fouillées. D’une part les équipes ne sont constituées que de quatre héros, contre six habituellement dans les autres épisodes. D’autre part les combats, qui se font au tour par tour, ne sont pas trop compliqués et les plans subtils pour vaincre les ennemis n’ont pas lieu d’être. La plupart du temps, il suffit d’appuyer que le bouton A, c'est-à-dire le bouton d’attaque simple, pour mener à bien une bataille, ce qui rend le joueur passif. Il est d’ailleurs facile de fuir un combat. Avec certains personnages, lors qu’ils sont engagés dans un même affrontement, il possible de faire une attaque combinée très puissante. Elle ne laissera que très peu de chance à l’adversaire, facilitant encore un peu plus le challenge qui n’en avait pas vraiment besoin.
On regrettera également que les level-ups ne servent pas à gagner de nouveaux attributs. Seul le fait de trouver des livres comme celui du début de l’aventure permet de gagner de nouveaux sorts magiques. Dans la même veine, l’argent n'est dans ce jeu pas un problème. Il n’y a pas de longues séances de combats pour récupérer de précieuses piécettes.
D’une manière générale, la progression est directe, même pour se rendre d’un point à l’autre, que ce soit sur la carte du jeu ou dans une ville, il suffit de cliquer sur l’endroit désiré et nous y voilà. Certes le challenge n’est pas des plus élevé, mais le replay value, c'est-à-dire l’intérêt de rejouer le jeu une fois fini, est énorme. On peut finir le jeu en n’ayant découvert qu’une quarantaine de héros. Découvrir les quêtes annexes non faites et les autres héros, comprendre le passé des protagonistes est toujours un plaisir, même quand le jeu est terminé.