Ca y est, elle est là, six mois après sa sortie japonaise, la DSi (prononcez DS aïe) vient compléter nos étales européens. Il y a quelques semaines, Asky vous proposait une présentation de la bête, celui-ci ayant pu l'essayer un peu en avance dans les bureaux de Nintendo. Cette fois-ci, à tête reposée et sans yeux derrière nous pour surveiller, c'est un test complet de la Nintendo DS troisième génération que nous vous proposons.
Posons tout d'abord bien les choses. Si vous avez suivi l'actualité, vous savez d'ors et déjà que cette DSi n'est pas réellement une nouvelle console, mais bien une évolution de la DS actuelle, comme l'avait été la DS Lite par rapport à la DS Tank, à ceci près que les changements sont cette fois-ci un peu plus que cosmétiques. Sur ce point, les modifications sont d'ailleurs moins impressionnantes que lors de la première évolution, mais ne vous y trompez pas, la DSi cache bien son jeu.
Miroir, mon beau miroir, dis moi qui est la plus belle
Console fermée, la DSi ne tranche en effet pas avec la DS Lite, mais quelques détails viennent titiller l'oeil du joueur averti qui ne s'y laissera pas prendre. Outre l'apparition flagrante d'un "oeil" sur la face avant de la console, qui cache en fait un objectif, nous y reviendrons, il faut également noter la disparition du logo de la console. Les leds quant à elles ont changé de coté par rapport à la Lite, et sont au nombre de trois, une pour l'état de la connexion wifi, l'autre s'allume en cas de branchement sur le secteur, et enfin la dernière indique la marche ou non de la console.
Sur les tranches, c'est la disparition du port GBA qui saute aux yeux. Les amateurs des jeux de la précédente portable, ou encore les accros à Guitar Hero, ne sont donc pas les bienvenus. La prise casque reste la même, par contre le réglage du volume se fait désormais via un bouton + et – sur le coté gauche. Quant au bouton Power, celui-ci est relégué à l'intérieur de la console, à coté de l'écran tactile. Le stylet gagne encore un peu en longueur, ce qui n'est pas désagréable pour la prise en main, et un emplacement pour carte SD fait son apparition. Enfin, détail à ne pas négliger, Nintendo nous gratifie une nouvelle fois d'un nouveau type de connexion pour le chargeur, ce qui veut dire que celui de la DS Lite n'est pas compatible. De quoi faire vendre encore un peu plus d'accessoires, et qui fera rager ceux qui avaient investi précédemment dans un chargeur allume-cigare par exemple...
Une fois en main, on ressent immédiatement la différence de matière utilisée pour la coque de la console. Ce plastique quelque peu glissant qui donnait son aspect brillant à la DS Lite a été abandonné au profit d'un plastique mat un peu plus granuleux, plutôt agréable au toucher. Par la même occasion, fini les éternels traces de doigts qui empoisonnaient la vie des plus maniaques, ici vous pourrez vous tourner vers la couleur noire de la DSi sans problème. Pour le moment, seul le blanc et le noir sont disponibles, mais de nouveaux coloris devraient débarquer assez rapidement chez nous, des DSi Pink, Green et Lemon étant déjà vendues au Japon.
Toujours du coté du lifting, la console gagne 4 mm en largeur, 1 mm en profondeur, mais perd surtout 2,6 mm en épaisseur. Des différences moindres, mais qui finalement se ressentent une fois la console en main. Certainement accentué par le fait que la console soit plus large, on a vraiment l'impression d'avoir une machine plus fine dans les mains par rapport à la Lite. Et bien que la différence de poids ne soit que de 4 grammes avec cette dernière, on la ressent pourtant. Du coup les sensations ne sont pas tout à fait identiques.
Reste maintenant à ouvrir cette DSi, et là on remarque tout de suite deux choses : la présence d'un autre objectif, à coté du micro, et cette fameuse différence de taille des écrans, passant de 3 à 3,25 pouces, soit un gain non négligeable d'environ 10%, et ça se voit. Cependant pas de panique, l'adaptation des jeux à cette résolution plus importante est tout à fait transparente, et l'image n'en est pas plus pixelisée pour autant. Cet agrandissement n'a en fait que des avantages, et ajoutez-y un niveau de luminosité supplémentaire, tout est alors fait pour jouer dans les conditions optimums. La seule ombre qui vient quelque peu ternir ce tableau est une conséquence directe des deux écrans de 3,5" et de la luminosité accrue, à savoir une batterie qui tient moins longtemps, en moyenne trois heures de perdues. C'est en tout cas ce qu'annonce Nintendo, je n'ai pour l'instant pas poussé le test plus profondément. Mais sachez tout de même que la majorité du temps, le troisième seuil (sur cinq) de luminosité suffit amplement à jouer en intérieur, ce qui permettrait une autonomie de 6 à 9h.
Trash it, change it, melt - upgrade it
Mais outre ces modifications physiques, la grande nouveauté de cette DSi, c'est surtout son firmware. Une interface bien plus conviviale, qui offre des possibilités accrues, et surtout qui n'est pas figée puisque Nintendo proposera des mises à jour régulières, certainement pour mettre des bâtons dans les roues des "pirates", mais aussi, espérons le, pour proposer des nouveautés. Une fois la console allumée, on se retrouve donc face à un grand lifting : à la manière de la Wii, le menu de la DSi se compose d'icônes, une pour chaque fonction, à la manière des chaines de la console de salon. Au premier allumage, on se retrouve avec les icônes paramètre, cartouche, téléchargement DS, DSi Shop, appareil photo, studio son et enfin pictochat. Pour ce dernier pas de changement, une fois lancé on se retrouve dans l'interface bien connue du chat made in Nintendo.
Le reste par contre apporte son lot de découvertes. On appréciera notamment, dans les réglages, de pouvoir modifier les paramètres de connexion à internet. Plus besoin de passer par un jeu pour y accéder. La grande question que vous vous poser alors, c'est celle de la compatibilité avec des clés de cryptage WPA. Malheureusement, Nintendo a fait les choses à moitié : il est en effet possible, à travers un réglage avancé, de se connecter à un routeur sécurisé en WPA, mais cette connexion n'est valable que pour les logiciels et jeux DSi, comme la DSi Shop par exemple. Mais pour ce qui est des jeux DS déjà sortis, il est toujours impossible de passer par autre chose qu'une clé WEP. Quelle utilité ? Cela veut dire qu'il faut soit garder son routeur en WEP, soit changer le type de sécurité à chaque fois que l'on veut jouer à Mario Kart par exemple. Bref, quitte à intégrer les clés WPA, Nintendo aurait pu trouver une solution pour rendre cela compatible avec l'ensemble des logiciels. C'est la première grosse déception de cette DSi.
L'autre nouveauté de ce menu paramètre, c'est bien entendu la gestion des données. Avec l'apparition du port SD, il est possible de copier des fichiers, comme les photos ou les jeux DSiWare, de la console vers la carte, et inversement. Par contre, pour le moment les jeux stockés sur carte SD ne semblent pas exécutables directement. Peut être que cette possibilité apparaitra avec une future mise à jour de la console. Celle-ci possède 1000 blocs d'espace libre, une carte SD d'1Go représentant environ 6500 blocs, et un DSiWare comme WarioWare Snapped ! en occupant 77.
En plus d'une refonte graphique, la nouvelle interface amène quelques détails bien sympathiques à l'utilisation. Déjà, plus de redémarrage pour un oui ou pour un non. On revient directement au menu en sortant des réglages ou du pictochat. De même, il est enfin possible de retourner au menu de la DSi depuis un jeu en exécutant une simple pression sur le bouton power. Une pression plus longue éteindra quant à elle la console. La luminosité peut aussi se régler à tout moment, il suffira d'utiliser le bouton de volume en maintenant select enfoncé. Tout bête, mais indispensable. Enfin, cela ne pose plus de problème de changer une cartouche DS en étant sur le menu DSi, sans éteindre la console. Celle-ci détecte le changement immédiatement. Des petits détails certes, mais qu'on aurait déjà aimé voir apparaître sur la DS Lite.
Une DS image & son
Avec l'intégration des deux objectifs, sur le dessus et à l'intérieur de la DSi, Nintendo propose un petit logiciel pour les exploiter. L'appareil photo Nintendo DSi permet ainsi de prendre quelques clichés, avec l'un ou l'autre des deux objectifs. Histoire d'augmenter un tant soit peu l'attrait de la chose, le logiciel propose également de modifier vos photos avec quelques effets. Distorsion, ajout de motifs ou de texte sont par exemple au programme. Même du morphing entre deux visages, mais n'espérez pas des prouesses, le résultat est souvent peu concluant. Les quelques images ci-dessous vous donneront un aperçu des possibilités, ainsi qu'une idée de la qualité des appareils, qui ne sont malheureusement que de 300 000 pixels. Pas de quoi remplacer un appareil photo compact.
Une fois vos précieuses photos dans la boite, il vous sera possible d'exporter le tout vers votre carte SD et de les récupérer sur ordinateur. L'album photo quant à lui vous permet de regarder vos clichés sous forme de diaporama, et de trier vos favorites, qui seront alors utilisées comme fond d'écran dans le menu de la DSi. Bref, vous l'aurez compris, le tout est très limité et s'avère être plus un gadget qu'autre chose. On espère surtout de ces deux objectifs une future bonne intégration dans les jeux.
Le studio son lui passe à coté de l'essentiel. Si une fonction multimédia était attendue pour cette nouvelle DS, c'est bien celle d'un lecteur audio digne de ce nom. Encore une fois, Nintendo propose plus un gadget exploitant le micro qu'autre chose. Il est ainsi possible d'enregistrer sa voix, et de s'amuser à la modifier, en jouant sur le pitch, la vitesse de lecture ou encore en ajoutant quelques effets, comme un filtre qui vous donnera une voix de perroquet ou de trompette. Drôle 30s, et encore...
Il est tout de même possible de lire la musique présente sur une carte SD, mais seulement en format AAC. Alors certes je n'irais pas défendre le format destructif qu'est le MP3, mais force est de constater que celui-ci reste le plus répandu, et il aurait été bien plus intelligent de l'intégrer. Les lois de la finance sont impénétrables... Reste que le lecteur audio en est réduit à son plus simple appareil : on navigue sur sa carte SD pour trouver la musique que l'on veut. Pas de tri par artiste ou par album, il est donc conseillé de créer des dossiers sur la carte pour s'y retrouver plus facilement. Le passage d'une chanson à l'autre est tout sauf fluide, un petit silence venant gâcher la transition. Une lecture aléatoire est tout de même proposée, ainsi que la création de liste de lecture : Top 10, entraînement (?) et souvenirs, les deux dernières listes pouvant accueillir chacune 100 morceaux.
Bref, il faut espérer que Nintendo propose une mise à jour de ces fonctions audio, ou qu'un éditeur propose sur le DSiWare un lecteur plus poussé assez rapidement.
L'essentiel : Les jeux
Alors certes, les fonctions multimédia de la DSi sont décevantes, mais ce qu'on attend avant tout de la console, c'est de pouvoir jouer. Et avec l'apparition de la DSiShop, nous devrions être servis. Naviguer dans cette dernière est très simple : la page principale affiche les dernières nouveautés et un lien vers l'ensemble du catalogue. Les DSiWare sont ensuite triés par prix, à savoir gratuit, 200 DSi points (2€), 500 (5€) ou premium (qui devrait correspondre à 800 DSi points (8€) lorsque qu'il y en aura). On peut également effectuer une recherche par titre. Chaque fiche est plutôt bien renseignée, avec une description et quelques screenshots.
Une fois l'application ou le jeu téléchargé, celui-ci vient s'ajouter sous forme d'icône au menu de la DSi, sachant que 32 emplacements sont disponibles. Si vous n'avez plus de place, il vous faudra alors copier des jeux sur SD ou en supprimer, une application déjà téléchargée l'etant de nouveau plus tard, et ce gratuitement bien entendu. Je précise tout de même pour ceux qui se croient les plus malins qu'un DSiWare est lié à un compte et une console. N'espérez pas vous refiler les jeux entre DSi aussi facilement.
Actuellement, et pour une durée indéterminée, Nintendo offre 1000 DSi points lors de la première connexion à la boutique DSi, un bon moyen d'attirer les joueurs vers ce service. Je vous renvoie vers cette news pour connaître les premiers titres disponibles qui, avouons le, n'ont rien de transcendant. Il faut espérer voir rapidement apparaître quelques perles comme sur WiiWare, les DSiWare étant le principal argument de la DSi. Si vous possédez déjà une DS Lite, il vaudra mieux attendre d'observer l'évolution de ce nouveau service avant d'investir. Des rumeurs font également état de l'arrivée prochaine d'une console virtuelle permettant de (re)jouer à des titres Game Boy et Game Boy Advance.
Quant aux jeux cartouches spécial DSi, pour l'instant c'est la grande inconnue. On sait juste pour le moment que deux types de softs seront proposés : ceux compatibles avec la DS et la DS Lite, et proposant des spécificités pour la DSi, et ceux spécialement conçus pour la cette dernière, et qui pourront donc profiter des caractéristiques internes plus grandes de la console. Car, j'ai oublié de le préciser, mais la DSi embarque deux processeurs, un ARM7 à 33MHz, comme la précédente génération, mais aussi un Processeur ARM9 à 133 MHz, contre 67 MHz pour la DS et la Lite. La Ram passe également de 4MB à 16MB. Des spécificités qui rendent la DSi tout de même plus performante. Reste à voir si les éditeurs oseront se priver des très nombreux joueurs possédant une DS et une Lite pour proposer des jeux exclusifs DSi. Je reste sceptique.
Le catalogue de la DS est en tout cas déjà bien rempli, et y jouer sur DSi est un vrai plaisir. Comme je l'ai dit plus haut, la taille des deux écrans est appréciable, et surtout on ne voit aucune pixelisation due à cette résolution plus élevée. Concernant la prise en main, c'est ici que la DSi tranche radicalement avec la Lite. On retrouve une croix multidirectionnelle et des boutons fermes et réactifs, contrairement aux commandes molles et presque imprécises de la Lite. La croix est certes assez bruyante, mais offre vraiment un meilleur confort de jeu, comme sur DS Tank. De même pour les gâchettes qui bougeaient un peu dans tous les sens sur la Lite. Ici, leur disposition a été revue, et elles s'avèrent bien plus agréables à l'utilisation, test sur Mario Kart à l'appui ! Quant au son, on gagne également en puissance, ce qui faisait défaut à la DS Lite. On n'est pas encore revenu au niveau sonore de la Tank, mais le gain est déjà appréciable.
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Conclusion
La DSi est un beau produit, mais qui ne tranche pas radicalement avec la DS Lite. Les possesseurs de cette dernière attendront d'ailleurs de voir l'évolution du DSiWare, qui représente le plus gros attrait de cette console, avant d'investir. Pour les autres, je conseillerais tout de même cette dernière évolution de la DS. Bien que la perte de son port GBA soit dommageable, la DSi apporte quelques détails, certes pas indispensables, mais qui à force d'utilisation sont difficiles à oublier. Les écrans plus grands, la luminosité accrue, la nouvelle interface, la qualité de la croix et des boutons sont autant d'arguments en faveur de la DSi. Les fonctions multimédia n'ont rien de transcendant, et on regrette notamment un lecteur audio si peu poussé, mais font résolument évoluer la DSi vers quelque chose de moins austère, plus agréable à utiliser. A 20€ de plus que la DS Lite, il serait dommage de s'en priver, et de potentiellement passer à coté d'éventuelles pépites en téléchargement ou exclusives à la DSi.